Le jardinage naturel

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Le jardinage naturel ... 

Le sol du potager

C'est quoi, un sol fertile ?

Qu'est-ce que le sol ?

Le monde minéral : environ 95 % du sol. C’est le résultat de l’altération de la roche mère par le travail des organismes vivants (comme les arbres avec leurs racines) et par le climat (érosion).

 

La matière organique : entre 0 et 10 % du sol. Elle est issue du vivant, animal ou végétal : des feuilles mortes, des épluchures de légumes, des déjections, etc ...

La création d'un sol fertile

Un sol fertile est un sol capable de recycler la matière organique et de la rendre disponible pour les plantes. Comment ? En se transformant en humus ! Cette couche de matière foncée et odorante que l’on retrouve sur le sol de toutes les forêts.

 

 

1 : fabriquer de l’humus

Les «petites bêtes»

Collemboles, nématodes, acariens, iules, cloportes ...

Toutes ces petites bêtes, souvent mal aimées car mal connues, se nourrissent de la matière organique, la digèrent puis la rejettent sous forme de déjections. C’est la faune épigée, qui vit à la surface du sol.

 

 Les champignons

 

Les champignons basidiomycètes terminent de transformer la matière organique, en s’attaquant à tous ce que la faune épigée n’a pas pu digérer. Le résultat de leur passage ? C’est l’humus, matière issue de la décomposition des débris végétaux et animaux.

 2 : transformer l’humus en nourriture

Les bactéries

 

Les bactéries ont la capacité de transformer les molécules organiques en molécules inorganiques, (le fameux NPK : l’azote, le phosphore et le potassium), éléments nutritifs que vos plantes viendront puiser par le biais de leurs racines.

 

C’est ce qu’on appelle la SOLUTION DU SOL.

Le travail des vers de terre

QUE FONT LES VERS DE TERRE ?

L’érosion qui lessive

 

Le sol ne peut à lui seul retenir la «nourriture» des plantes qui tend à être lessivée par les pluies et à se perdre dans les nappes phréatiques. C’est là qu’entrent en scène les lombrics (ou vers de terre).

 

 

Le lombric, c’est fantastique

Ils passent le plus clair de leur existence à faire des allers-retours entre le sol profond (le monde minéral), et la surface du sol, où se trouve l’humus (matière organique), ingérant tout sur leur passage. C’est dans leurs intestins que se crée le Complexe Argilo-Humique ou complexe absorbant. Il s’agit d’un mélange stabilisé entre le monde minéral et le monde végétal.

 

C’est quoi un sol mort ?

 

Un sol sans lombrics équivaut à une vraie passoire : direction les nappes phréatiques! Des plantes poussant sur un tel sol auront besoin d’un apport régulier de nourriture extérieure pour se développer, comme des engrais (chimiques ou biologiques). C’est fastidieux, coûteux et polluant.

 

        Et un sol vivant ?

 

      A l’inverse, le complexe absorbant est une véritable éponge. En retenant les éléments essentiels à la fertilité du        sol, il joue un peu le rôle de garde-manger où sont entreposés les mets favoris des végétaux. C’est grâce à lui          que vous pourrez vous passer d’intrants extérieurs pour nourrir les plantes, en maintenant la nourriture à la                                                       portée de leurs racines.

Les geste à éviter

Les pesticides

 

 

Les pesticides tendent à abîmer voire éradiquer la vie des sols (champignons comme vers de terre) : un sol sans organismes vivants est un sol mort, incapable de nourrir les végétaux, et voué à disparaître dans les cours d’eau avec l’érosion. Alors, on fait quoi ?

Retourner la terre ?

 

Dans l’agriculture conventionnelle, l’humus est enfoui par le labour. Sous la surface, il n’y a plus d’oxygène, plus d’organismes 

vivants nécessaires à sa transformation. Le cycle est rompu, la terre se «meurt».

 

On observe la nature …

Le sol n'est jamais à nu

Dans la nature, hormis dans les déserts, un sol n’est jamais à nu. Il est toujours protégé par une couche de matière organique morte (par exemple, les feuilles mortes en forêt) et par des végétaux (par exemple, les prairies).

 

A quoi elles servent, les «herbes folles»

Lorsqu’un sol est mis à nu, les « mauvaises herbes » ou « adventices » colonisent immédiatement le terrain. 

• Elles couvrent le sol nu, le protégeant des rayons du soleil.

• Elles créent un système racinaire qui retient l’humidité et la terre, empêchant ainsi l’érosion.

• Elles plongent leurs racines en profondeur et remontent les nutriments à la surface.

Beaucoup de vert, un peu de marron

Le carbone et l’azote font bon ménage

 

Dans la nature, tout ce qui est vert est composé en majorité d’azote, tout ce qui est marron est composé en majorité de carbone. 

On a besoin de ces deux éléments pour décomposer et composter la matière organique. C’est pour cette raison que vous ajoutez du carton dans votre compost. C’est un bon apport de carbone, qui va rendre le compostage possible. Vos plantes ont besoin d’azote pour développer leurs parties vertes, et de carbone pour développer leurs parties solides.


Mon potager pas à pas

Choisir son emplacement

Proche de la maison

L’emplacement du potager est primordial. Il doit se situer à proximité de l’espace de vie, au risque d’être rapidement délaissé. En permaculture, on appelle cela la « zone 1 », la plus proche de l’habitat (qui correspond à la « zone 0»).

 

L’ensoleillement

Les expositions Sud-Est, Sud et Sud-Ouest sont les meilleures. Cependant, vous pourrez vous accommoder d’une exposition Nord-Est et Nord-Ouest pour un grand nombre de légumes laitues, radis, persil, épinards...).

 

Pluie et vent

Si vous connaissez votre terrain, évitez d’aménager votre potager sur une zone qui accumule l’eau lors des fortes pluies. De même, évitez de l’installer dans un endroit où le vent souffle fort. 

 

Évitez les conifères

Ces arbres acidifient le sol, en plus de l’assécher. Très peu de plantes parviennent à pousser au pied des conifères.

 

Le choix de la taille

Pour démarrer tranquillement, choisissez un emplacement d’une taille située entre 2 et 3 mètres carrés. Vous agrandirez cet espace progressivement les années suivantes.

Préparer son sol

C’est l’étape la plus fastidieuse. Le sol des jardins est souvent pauvre et tassé. Il peut être recouvert de gazon, ou se trouver en friche et envahi de plantes sauvages aux racines profondes et robustes… La solution pour faire de la place pour nos plantes potagères ?

 

Je m’y prend en automne

C’est l’idéal… Tondez l’herbe ou les plantes à ras et laissez les végétaux sur place. Recouvrez l’emplacement sur 20 cm avec un paillage classique ou un paillage en lasagnes (qu'on aborde un peu plus loin). 

 

Je m’y prends au printemps

Cela demande un peu plus de travail. Mais pas de panique. Des gants pour arracher les herbes folles, une bêche et une grelinette vous suffiront ! Sur une terre très légèrement humide, désherbez soigneusement et aérez la terre sans la retourner avec une bêche ou grelinette. Ajoutez une bonne pelletée de compost au mètre carré, que vous intégrez à la terre à l’aide d’un râteau ! 

Pailler son potager

Le paillage, à quoi ça sert ?

• Il désherbe votre potager et étouffe les repousses.

• Il réduit l’arrosage, en empêchant l’évaporation.

• Il crée un lieu humide propice à la vie du sol.

• Il nourrit votre sol en se décomposant.

Les différents types de paillis

Le foin : en jardinerie ou chez un agriculteur local.

La paille : en jardinerie ou chez un agriculteur local.

Les feuilles mortes : peu onéreux et disponible partout.

Le BRF (bois raméal fragmenté) : idéal pour favoriser la vie du sol, il s’agit d’ un mélange non composté issu du broyage de rameaux de bois. A faire chez soi ou à récupérer auprès des déchetteries.

Les paillettes de chanvre : à installer sur une épaisseur comprise entre 5 et 15 cm. Après avoir été humidifiées, les paillettes ont l’avantage de ne pas s’envoler.

Les tontes de gazon : très bon apport en azote. Attention tout de même : ne pas mettre de «bloc» non aéré de gazon frais. Il fermenterait au lieu de composter.

Attention à la faim d'azote !

Si vous n’ajoutez que des végétaux marrons en surface, (paille, feuilles mortes…), vous faites un énorme apport en carbone. Et pour dégrader cette matière organique, la faune va puiser tout l’azote présent dans votre sol. C’est la «faim d’azote» ! Pour l’éviter : ajoutez beaucoup de matière fraiche et verte en surface. Tonte de pelouse, végétaux fauchés …

Si vous n’avez rien de tout ça sous la main, tournez vous vers le purin d’ortie, véritable bombe d’azote.

Quand et comment pailler ?

Quand pailler ?

Automne (vous démarrez votre potager) : en automne, si vous démarrez votre potager, le paillage va servir à étouffer les herbes folles et à décompacter le sol.

 

Automne (votre potager est déjà fait) : le paillage va servir à nourrir le sol, épuisé par la saison chaude, protéger la biodiversité pendant l’hiver et ameublir la terre.

 

Printemps : gardez au moins 10 cm de paillage pour empêcher les «mauvaises herbes» de pousser. Mais n’en mettez pas trop pour permettre au sol de se réchauffer plus vite.

 

Été : n’y allez pas de main morte. Le paillage protège vos plants et les insectes utiles d’un soleil brûlant et asséchant. 20 cm au moins !

 

Comment pailler ?

Le paillage en lasagne

Le paillage en lasagne consiste à superposer des couches de matière végétale azotée (verte) et carbonée (marron). Cette bombe nutritive va cependant disparaitre très vite en compostant. Il faudra veiller à en remettre régulièrement.

 

Le paillage classique

 

Il suffit d’ajouter une bonne couche du paillis de son choix (ou mieux encore d’un mélange) sur 20 cm. Comme le paillage est bien souvent sec et brun, (et donc carboné), il faudra ajouter du purin d’ortie par exemple, pour éviter la faim d’azote.

Les bonnes associations de plantes

Les différents critères

Les mauvaises associations les plus connues

• On évitera en général de planter des alliacées à côté des fabacées. 

• Le chou et les fraises n’aiment pas être plantés à proximité.

• En règle générale, toutes les plantes de la même famille sont à éloigner les une des autres, comme par exemple le chou et les radis, car elles puisent les mêmes ressources dans le sol.

 

Les besoins des plantes 

Il est judicieux d’éloigner les plantes dites «gourmandes» les unes des autres.

• Plantes gourmandes : aubergines, tomates, artichauts, courgettes, courges, poivrons, épinards, fraises, melon, poireaux, pommes de terre,

chou ...

• Plantes peu gourmandes : carottes, asperges, laitues, pois, ail, oignons, radis, haricots, mâche, navets ...

 

Recréer une biodiversité

Le principal reste de mélanger les plantes au maximum, dans le but de désorienter les insectes ravageurs. Ajoutez des herbes aromatiques et des fleurs en tout sens pour masquer les odeurs de vos légumes et attirer les insectes auxiliaires. Par exemple, les œillets d’Inde attirent les

pucerons sur eux et leurs racines tuent les petits vers qui s’attaquent aux racines des solanacées: un véritable allié des tomates ! La taille des plantes à maturité Il est important de connaitre la taille d’une plante à maturité. Un grand plant pourra offrir de l’ombre aux plus petits qui ne

supportent pas le soleil direct l’été. Il est possible d’avoir un grand plant tous les 70/80 cm, et de positionner des petits plants à leurs pieds. Ils auront tout le soleil nécessaire au printemps, puis de l’ombre bienvenue pendant l’été. De même, lorsque vous plantez un légume qui mettra plusieurs mois à arriver à maturité (choux, tomates, ail ...), n’hésitez pas à l’entourer de légumes à croissance rapide (laitues, radis ...) pour utiliser

l’espace disponible !

 

La taille des plantes à maturité

Il est important de connaitre la taille d’une plante à maturité. Un grand plant pourra offrir de l’ombre aux plus petits qui ne supportent pas le soleil direct l’été. Il est possible d’avoir un grand plant tous les 70/80 cm, et de positionner des petits plants à leurs pieds. Ils auront tout le soleil

nécessaire au printemps, puis de l’ombre bienvenue pendant l’été. De même, lorsque vous plantez un légume qui mettra plusieurs mois à arriver à maturité (choux, tomates, ail ...), n’hésitez pas à l’entourer de légumes à croissance rapide (laitues, radis ...) pour utiliser l’espace disponible !

Un plan de potager

Potager débutant

Deux planches de 2m sur 1,20 m suffisent largement pour démarrer. Les cercles représentent la taille des plants à maturité.


Trucs et astuces

 

 

Choisissez des plants de préférence bio et non-hybrides F1, pour pouvoir récupérer les semences en fin de saison et créer votre propre grainothèque!

 

Pour planter, retirez le godet puis dérangez et démêlez grossièrement les racines de votre plant pour qu’il comprenne qu’il ne vit plus dans un petit pot.

 

Vous avez déjà répandu une pelle de compost par mètre carré. Pour les plants gourmands (courges, tomates...), ajoutez quelques poignées de compost à la plantation !

 

 

Ne semez pas vos graines trop serrées. Au début, on a tendance à vouloir en mettre plus que nécessaire. Pourtant, cela prend énormément de temps «d’éclaircir» les petites pousses trop serrées.

 

 

Vérifiez toujours l’humidité du sol sous la paille avant d’arroser. Une plante peut se remettre d’un coup de chaud et de sec. En revanche, c’est très difficile de sécher un sol détrempé qui peut conduire au pourrissement irréversible des racines.


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